Archives mensuelles : février 2016

Le Visale, une solution aux loyers impayés ?

Visale
En cas d’impayé de loyer, le propriétaire comme le locataire peuvent se retrouver en mauvaise posture. Le Visale, c’est la caution locative qui a été mise en place pour pallier à ce souci. Lumières sur cette caution locative gratuite qui s’adresse aux jeunes actifs répondant à certains critères.

Le Visale : ce qu’il faut savoir

Par Visale, comprenez « Visa pour le logement et l’emploi », un dispositif entré en vigueur le 25 janvier dernier sur le site www.visale.fr (quand la mise en service était initialement prévue pour le 1er février). Il s’agit d’une aide fournie aux salariés les plus précaires, à ceux qui débutent dans la vie active et aux jeunes actifs qui ont du mal à accéder à un logement. La cible est constituée par la frange de la population qui a du mal à remplir les garanties requises par les bailleurs. L’objectif est aussi de garantir aux propriétaires un paiement du loyer et des charges qui leur sont dues.

Le Visale a vu le jour grâce au financement de plusieurs partenaires sociaux qui agissent dans le cadre du programme Action Logement. L’enveloppe destinée au projet s’élève à 130 millions d’euros par an. Grâce à cette enveloppe, les candidats éligibles pourront bénéficier gratuitement de la prestation de garantie.

Lorsque le locataire ou les colocataires ne peuvent s’acquitter de leur loyer, ils font une demande de paiement via la plateforme Visale. Ultérieurement, ils remboursent la somme qui a été versée. Un échelonnement du paiement peut leur être proposé.

À travers le site du service public, les institutions parties prenantes à ce projet de sécurisation des loyers précisent qu’un non-respect de l’échéancier peut entraîner une résiliation par voie de justice.

Comment bénéficier de la prestation ?

Si vous êtes locataire, la première étape consiste à adhérer au Visale via le site internet. Après l’inscription, plusieurs critères sont pris en compte pour déterminer si vous êtes éligible. Les premiers critères sont liés à votre âge et au type de contrat. Si vous avez moins de 30 ans, tout type de contrat est recevable. Si vous avez plus de 30 ans, vous devez avoir signé un contrat précaire, comme un CDD ou un CDI en période d’essai ou encore un contrat d’intérimaire. Une extension du service aux chômeurs qui déménagent en quête d’un emploi est prévue pour 2017.

Si vous avez moins de 30 ans, vous devez avoir souscrit au service dans les 12 mois qui suivent votre embauche. Pour les trentenaires et plus, cette souscription doit avoir lieu dans les trois mois qui suivent la signature du contrat.

Dans tous les cas, le loyer pour lequel vous adhérez au Visale ne doit pas aller au-delà de 1.500 € si vous vivez dans Paris intra-muros. En dehors de cette zone, ce plafond est de 1.300 €.

Si vous êtes bailleur, une fois informé de l’éligibilité de votre locataire, votre adhésion signifie que vous validez la garantie offerte par le Visale.

Il y a-t-il des limites au Visale ?

Oui, et la première est d’ordre financier. L’enveloppe de 130 millions d’euros est bien loin des 450 millions d’euros annuels sollicités pour la GUL (Garantie Universelle des Loyers). Il devient alors compréhensible que l’application du dispositif soit restreinte à quelques centaines de milliers de jeunes actifs et ne couvre que les 36 premiers mois du bail.

Le Visale ne s’applique que pour une résidence principale, qui peut être louée vide ou meublé. Le locataire ne peut en bénéficier si le bail est conclu avec un membre de la famille. Ce bail doit contenir une clause de résiliation pour non-acquittement du loyer.

Archives mensuelles : février 2016

La colocation commerciale ou coenseigne : même les commerces s’y mettent

colocation commerciale
Dans une conjoncture économiquement difficile, les commerçants sont obligés de trouver une solution pour survivre. Deux commerçants de Rouen ont décidé de partager leur pas-de-porte, une formule coenseigne qui a tout pour plaire.

Saïd Doukkali et Damian Sanchez, une rencontre commerciale hors du commun

Saïd Doukkali et Damian Sanchez partagent plusieurs points communs. Ils sont tous les deux commerçants, et installés depuis près d’une vingtaine d’années à Rouen. Ils rencontrent des difficultés financières. Le chiffre d’affaires est à peine suffisant pour maintenir leur commerce à flots et leur permettre de dégager des revenus corrects. Et depuis quelque temps, ils ont un autre point commun : le pas-de-porte.

Pourtant, ils ont deux activités totalement distinctes. Saïd Doukkali est le propriétaire de Rouen Copie, une affaire qui auparavant, était installée dans le quartier de Saint-Hilaire. Il voulait bénéficier d’un meilleur emplacement, en centre-ville, pour développer son affaire. Mais les tarifs sont nettement au-dessus de son budget. Damian Sanchez, peintre de son état, avait une galerie rue Boucheries-Saint-Ouen, le Forum des Arts. Ses locaux lui servaient aussi d’atelier de restauration d’œuvres et de salle de cours de peinture.

De la rencontre de ces deux personnes est née la première coenseigne de Rouen, dans les locaux du Forum des Arts. Un aménagement a été nécessaire pour que la colocation commerciale puisse marcher. Ainsi, Damian Sanchez cède sa galerie et utilise l’arrière du local pour ses autres activités. L’activité de Rouen Copie contribue en grande partie au paiement du loyer, tandis que les charges diverses font l’objet d’un partage entre les deux colocataires commerciaux.

La mutualisation des locaux et de certains équipements, ainsi que le partage du loyer et des charges sont les principaux avantages de ce concept de coenseigne. Le « partage et l’échange de clients » qui en résulte sont aussi intéressants. Pour bénéficier de cet avantage, il est indispensable que les activités soient complémentaires.

Le coworking, un concept voisin

Certains diront que deux affaires qui partagent une même adresse commerciale, ce n’est plus vraiment une nouveauté. En effet, le coworking est un concept très voisin de la coenseigne, dans la mesure où il s’agit de deux professionnels qui partagent un espace de travail. Le concept réunit des start-ups, des travailleurs indépendants ou des PME de tous horizons, toutes filières confondues. Le premier espace de coworking a vu le jour à Paris en 2008. L’Hexagone en recense aujourd’hui plusieurs centaines. En France, les occupants des espaces de coworking occupent les locaux pour un an en moyenne. Au maximum, ils restent pour deux ans.

Si le coworking attire autant, c’est parce que les avantages sont nombreux. D’abord, les différents occupants y partagent un espace assez vaste qui s’avère être un lieu d’échange, de collaboration et d’ouverture. Les occupants créent un lien qui évolue en réseau. Des projets communs peuvent même en naître.

De plus, une mutualisation des outils et équipements permet de réduire les dépenses tout en ayant à disposition les moyens de production indispensables. C’est ainsi que la connexion internet, les ordinateurs, la photocopieuse et les équipements pour la pause-café sont mutualisés. Comme ils n’ont pas à investir dans ce type de dépenses, les coworkers économisent pour pouvoir miser sur leur cœur de métier.

Archives mensuelles : février 2016

Colocation : la demande explose en France

colocation france
Le nombre de candidats à la colocation ne cesse d’augmenter. Or l’offre a du mal à suivre. Il en résulte une hausse des tarifs appliqués pour cette solution de logement, pourtant sensée être avant tout économique. Voici les révélations du baromètre Appartager.com.

Une hausse de 3 % en moyenne

Comme chaque année, Appartager.com effectue une étude sur le phénomène de colocation basée sur les annonces qui transitent sur le site. Résultat, en 2015, les tarifs connaissent une hausse moyenne de 3 %. Cette hausse est d’autant plus particulière que du côté de la location classique, les loyers enregistrent une baisse. Néanmoins, pour faire des économies, la colocation reste toujours plus intéressante.

Cette hausse de 3 % n’est pas uniforme pour l’ensemble du pays. Et contre toute attente, Paris n’est pas la ville qui tire le plus les prix vers le haut. L’une des augmentations les plus importantes, 5,1 % est notée du côté d’Annemasse, dans le département de la Haute-Savoie, au niveau de la frontière franco-suisse. Or cette ville compte déjà parmi les plus chères de France en termes de loyer en colocation. À Paris, la hausse n’est que de 0,7 %, mais il faut dire que le loyer de départ est déjà assez important, dans les 560 €/mois. Ce chiffre, qui n’atteint pas 1 %, explique une demande aujourd’hui plus axée vers les villes de province.

Pourquoi cette hausse ?

La raison la plus évidente est que l’offre peine à suivre la demande. D’ailleurs, Appartager mentionne dans son étude que pour l’ensemble de l’Hexagone, il y a en moyenne huit demandes pour une seule place disponible pour une colocation. Dans certaines villes, comme Bordeaux, il y a même 20 demandes pour une chambre. À Nantes et Rennes, respectivement 14 et 13 candidatures sont enregistrées pour une place.

Autre explication : la société vit actuellement dans une économie de partage et les loyers figurent en première place. Ceci entraîne donc un attrait de plus en plus grandissant pour cette forme de logement.

Les agences immobilières ont vite compris que l’engouement pour la colocation est un filon à exploiter. À cause des prix qu’elles affichent, en moyenne 505 €, les 459 € en moyenne au niveau national sont vite dépassés. Si vous êtes candidat à la colocation, il est toujours plus avantageux de discuter directement avec le propriétaire.

Les villes plus chères et les moins chères

Au titre de l’année 2015, le baromètre classe les villes les plus chères, et place Paris en pôle position, suivie d’Annemasse avec 523 €/mois. Cannes se place en troisième position avec 517 €/mois, et Nice est au pied du podium, avec 490 €/mois. Aix-en-Provence, à la cinquième place, affiche un tarif qui ne s’éloigne pas de la moyenne nationale, 462 € mensuels.

Si pour vous, la colocation est avant tout une solution de logement économique et que vous avez un budget assez limité, voyez du côté de Rennes, où la moyenne est de 334 €/mois. Grenoble, malgré une hausse de 2,7 % des prix moyens, affiche un loyer de 373 € mensuels. À Toulouse, prévoyez une quote-part mensuelle de 377 €.